Evarn

Vous voyez un jeune homme d'une vingtaine d'années, large d'épaules sans être massif, la peau mate des gens qui dorment plus souvent dehors que sous un toit. Ses cheveux noirs, courts et frisés, n'ont jamais connu de coiffure ; son nez, cassé un jour et mal remis, donne à son visage franc un air de bagarreur que dément son regard ambré, curieux et patient. Il porte une cotte de mailles ternie sous un surcot de laine bleu-gris rapiécé, une masse d'armes à la ceinture et un écu rond de bois nu au dos, sous un sac de voyage bourré de bandages et d'herbes séchées. Contre sa poitrine pend une petite croix d'argent terni, qu'il touche sans y penser quand il écoute. L'ensemble évoque un prêtre qui a appris le métier sur les routes plutôt que dans les stalles : plus à l'aise un genou dans la boue au chevet d'un blessé qu'en chaire.